« Allez, Gaëlle, faut se réveiller.
- Franck ? Quelle heure il est ?
- Neuf heures, faut aller déjeuner, aujourd'hui c'est le premier jour d'activité.
- Et c'est quoi les activités ?
- Pour ton groupe et toi c'est découverte de la ville.
- Comment c'est nul !
- J'sais bien, mais bon, ce soir c'est activité de groupe avec tout le monde.
- Même les allemands ?
- Lesquels ?
- Bah je sais pas, il y a plusieurs groupes ?
- Oui, il y a un groupe de Berlin et un groupe de Magdeburg et Loitsche.
- Ou ça ?
- Des villes du centre de l'Allemagne.
- Hum...
- Mais pourquoi tu veux savoir ça ?
- Comme ça...
- D'accord, tu me le diras plus tard. Habille-toi, je t'attends devant ton bungalow.
- Je peux aller au réfectoire seule tu sais, je me suis fais des « amis ».
- Vraiment ? Toi ?
- Oui, moi !
- Tant mieux. A plus tard. »
Je m'habillai en vitesse et sorti de mon bungalow. Un peu devant moi, sur le chemin menant à la cantine, se trouvait les cinq allemands.
« Bill, Georg, Gustav, Andreas et Tom, attendez-moi.
- Oh, notre petite Frenchy, se sentirait-elle seule?, demanda Gustav.
- Ça te ferait plaisir dis le.
- Non.
- De toute manière vous allez être débarrassé de moi pour la journée.
- Pourquoi ?
- Mon groupe et moi, on part visiter la ville.
- Palpitant !
- Comme vous dites... Bref, profitez de mon exquise compagnie pendant le petit-déjeuner.
- Exquise compagnie ? Ca va les chevilles Frenchy ?, interrogea Andreas.
- Très bien merci. »
On s'installa à la même table que la veille, comme la plupart du monde d'ailleurs. On alla tous ensemble prendre de quoi manger en on entama la graille. Face à mon bol vide, j'avais encore faim, mais j'avais la flemme de me relever. J'entrepris de plonger ma cuillère dans les bols des autres. Ma première victime fut Tom.
« Eh tu fais quoi Frenchy ?
- Ils m'avaient l'air bon tes corn-flakes !
- Mais il y a les même là bas !
- Non, ils ont l'air meilleurs dans ton assiette !
- Non, parce que les meilleurs sont dans l'assiette de Bill.
- Sérieux ?
- Je t'assure.
- A l'attaque !!!, dis-je en volant le bol de Bill.
- EEEeeehhh mon bol ! »
Il agrippa un bord du bol et moi l'autre, chacun tirant de son côté. Ce qui devait arriver, arriva, le bol vola et alla s'éclater au sol, dans un lit de lait et de céréales. On avait l'air malin, mais nous étions morts de rire. Les monos nous engueulèrent et on dut laver le sol avec des serpillières. Tant pis, on avait bien rit. Après cela, je partis rejoindre mon groupe pour visiter Munich. Je saluai mes cinq camarades et montai dans le bus.
On débuta la visite de la ville par un tour dans les vieux quartiers, c'était tout simplement splendide. Il n'y avait pas d'autre terme. Tous les filles s'extasiaient devant les boutiques de mode et j'étais l'une des seules personnes à réellement m'intéresser à l'histoire de ce pays. A midi, l'on fit une pause afin de prendre une collation bien méritée. Je mangeai en compagnie des moniteurs qui me faisaient bien rire avec leurs histoires de fesses. Ils pensaient que je ne comprenais pas, puisqu'ils ne faisait que des allusions... S'ils savaient. Seul Franck semblait vraiment m'intégrer au groupe.
« Alors, tu veux pas me dire qui sont tes amis ?
- Oh... tu ne dois pas les connaître.
- Dis toujours.
- Ils...
- Ils ?
- Oui.
- Que des garçons ?
- Bah oui, pourquoi ?
- Pour rien.
- Bon tu me laisses finir.
- Vas-y.
- Donc ils s'appellent, Bill, Georg, Gustav, Andreas et Tom.
- Ce ne sont pas les cinq inséparables ?, fit une monitrice qui avait entendu.
- De quoi je me mêle, lâchai-je.
- Eh, tu ne me parles pas comme ça.
- Désolée c'est sorti tout seul, mais je n'apprécie guère qu'on vienne écouter les conversation des autres. Mais en effet ce sont bien les cinq qui sont tout le temps ensemble.
- Ils viennent de Magdeburg. Ils sont spéciaux.
- Tout comme moi et je les adore.
- Tant mieux, fit Franck. »
La conversation se clôtura ainsi. Le reste de la visite de la ville consistait à faire du lèche vitrine. Aucune boutique n'attira mon intérêt. Du moins... pas tout de suite. Deux boutiques accrochèrent mon regard. La première était un disquaire qui conservait tout les CD et vinyles depuis les débuts du rock. Tout simplement le paradis du rock'n'roll. J'étais au paradis. J'achetai pas moins d'une dizaine de CD. La seconde boutique était plus luxueuse dans laquelle je ne pu rien m'offrir mais je promis que j'y retournerai plus tard. Je retins son nom. Tazuma.
Ereintés nous rentrâmes au camp. Devant mon bungalow, on m'attendait.
« Qu'est-ce que vous faites là ?, fis-je à l'intention des garçons.
- On t'attendait.
- J'ai bien remarqué. Je vous ai tant marqué que ça ?
- Non, t'as surtout manqué à Tom, fit Gustav.
- 'Porte quoi, fit l'intéressé.
- Allez, entrez dans mon bungalow, mais ne touchez à rien !
- D'accord. »
J'ouvris la porte et ils se jetèrent sur les deux lits. Bill farfouilla dans mes affaires.
« Ah ! Toi aussi tu écoutes Green Day ?
- Oui. T'écoutes Green Day, toi ?
- Oui, ça t'étonne ?
- Je te voyais plutôt écouter du Britney Spears.
- Salope.
- J'te permet pas ! T'écoutes quoi d'autre ?
- Nena.
- Celle de « 99 Luftballons » ?
- Ouais. Je suis carrément fan.
- C'est cool la new-wave. Bon on va manger, j'ai la dalle!
- Ouais, en plus juste après il y a une activité avec tout le camp, fit Andreas. »
On se leva tous et partit manger. Le menu du soir était des plus banal, steack-hachés et purée. Pendant le repas, les garçons ne pouvaient s'empêcher de dévorer du regard les filles de 17ans qui passaient devant eux. Parfois Tom ou Georg laissaient échapper un « Rholala, la poitrine de fou... » ou encore « T'as vu les fesses de celle-là ». C'était bien des mecs, on ne pouvait en douter mais de toute manière ce n'était pas le plus important. J'étais pressé d'être à l'activité. Pour passer du temps avec les garçons sûrement.
On se dirigea tous sur le terrain vague, l'activité était d'une simplicité maladive. Il fallait simplement se présenter en quelques mots. Il y avait quatre Mélanie, trois Lucas, des fans d'équitation et de Lorie. Rien de bien intéressant. Evidement, les garçons et moi nous étions mis en dernier. Lorsque vînt le tour de Bill et Tom, j'écoutai avec plus d'attention.
« Moi c'est Bill.
- Et moi Tom.
- Nous sommes de vrai jumeaux.
- Nous venons de Magdeburg.
- J'ai participé à « Star Search ».
- Parce que j'l'y ai poussé.
- Et avec nos deux camarades, Georg et Gustav, nous faisons de la musique. Voilà . »
Applaudissements polis. Des musiciens ? ceux-là n'avaient décidément pas fini de me surprendre. Venait mon tour.
« Salut, je suis française, de Paris. J'ai 13ans, je suis une véritable emmerdeuse quand je le veux. Pour ma part je n'ai pas encore participé à une émission telle que la Nouvelle Star et j'espère que ça ne m'arrivera jamais.
- Et quel est ton nom ?
- Euh........., je jetai un coup d'½il vers les garçons qui me fixaient l'air affamé.
- Quel est ton nom ?, répéta la monitrice.
- J'ai pas envie de le dire.
- Dis le !
- NON !
- Dis-le sinon pas d'activité.
- Gaëlle..., murmurai-je.
- Comment ?
- GAËLLE ! »
J'avais hurlé et j'étais parti m'enfermer dans mon bungalow. Pourquoi avais-je crié ainsi ? Je n'en savais rien, mais elle m'avait foutu à bout, si je peux m'exprimer ainsi. On frappa à la porte, il fallait bien s'en douter. Par chance, c'était Franck.
« C'est vrai que tu t'es énervée parce que tu ne voulais pas dire ton prénom ?
- Oui.
- Pourquoi tu ne voulais pas le dire.
- J'en sais rien. Tout ce que je sais c'est que je ne voulais pas le dire et l'autre là... la monitrice, elle m'a saoulé.
- Dis pas ça.
- SI je le dis, je m'en fout que ce soit ta nana ou pas.
- Comment tu sais que je suis avec elle.
- J'ai des yeux. Vos regards trompent pas. Fais gaffe.
- Ouais. Tu veux que quelqu'un vienne te voir ?
- Fais ce que tu veux, je m'en fous. »
Il sortit. Je m'appuyais contre le mur la tête dans les genoux, face à la porte. Au bout de vingt minutes je relevai la tête. Dans l'encadrement de la porte se tenait Tom.
« Qu'est-ce que tu fais là ?
- J'ai croisé Franck il m'a dit que t'avais besoin de compagnie.
- J'ai rien dit pourtant.. Ca fait longtemps que tu es là ?
- Une dizaine de minute.
- T'es resté dix minutes à me regarder pleurer comme une conne.
- Pourquoi comme une conne ?
- Parce que, pleurer pour un prénom c'est nul. »
Il ferma la porte du bungalow et vînt s'asseoir à côté de moi.
« Pourquoi tu voulais pas qu'on sache ton prénom ?
- J'sais pas, c'était marrant, j'avais l'impression de vous intéresser.
- Il n'y a pas besoin d'un prénom pour que tu nous intéresse tu sais.
- Non, je sais pas, explique-moi. »
Il me sourit et posa doucement ses lèvres sur les miennes. Je me laissai faire.
« Pourquoi tu m'as embrassé Tom ?
- Je sais pas trop. J'en avais envie.
- C'est la première fois que j'embrasse un garçon...
- Sérieusement ?
- Bah ouais... Pourquoi tu m'as embrassé ?
- Je sais pas.
- Pourtant je suis pas le genre de fille dont tu fais les louanges.
- De quoi tu parles ?
- Je suis grande soit, des long cheveux, oui. Mais c'est tout. J'ai pas de seins, on dirait une planche à repasser.
- Et alors ?
- Tu fais que de mater des nanas qui font minimum du 90C.
- Bah oui et ?
- Alors pourquoi tu m'as embrassé ?
- Je sais pas. »